Qu’est-ce que le syndrome prémenstruel ?
Le syndrome prémenstruel (SPM) est un état physique et émotionnel négatif ressenti lors de la phase lutéale du cycle menstruel de la femme, qui a lieu entre l’ovulation et la période menstruelle (les règles). Dans la plupart des cas, il dure quelques jours précédant la période menstruelle mais peut également, chez certaines femmes, se manifester très tôt après l’ovulation et durer plus longtemps.
-
Qui est touché par ce syndrome ?
Le syndrome prémenstruel touche les femmes en âge de procréer, depuis l’apparition des règles jusqu’à la ménopause.
Le nombre de femmes souffrant de syndrome prémenstruel varie selon la définition du trouble et le degré de sévérité des symptômes.
Près de 80% des femmes ressentent des symptômes légers induits par les changements hormonaux juste avant la période des règles. Parmi elles, 30% en souffrent de manière plus sévère et l’on parle de syndrome prémenstruel (SPM). Pour 3 à 8% de femmes, les douleurs peuvent entraver de manière importante le fonctionnement social et professionnel quotidien et il est alors question d’une forme sévère du syndrome prémenstruel, appelée trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). 2, 5
-
Quels sont les symptômes du syndrome prémenstruel?
Les douleurs fréquentes à l’approche des règles se manifestent sur le plan physique et psychique : rétention d’eau, fatigue, maux de tête/céphalées, ballonnements, envie d’aliments sucrés, irritabilité, humeur dépressive. 5
Selon le manuel diagnostic des maladies psychiatriques DSM-IV, au moins 5 symptômes de la liste répertoriée doivent se manifester dans la plupart des cycles menstruels de l’année écoulée, lors de la phase lutéale, et disparaître lors des règles et les jours suivants (3ème et 14ème jours du cycle).
Ils sont ressentis comme sévères et ont un caractère psychologique accentué : humeur dépressive marquée, trouble émotionnel, irritabilité ou anxiété marquée, sentiment de perte de contrôle, léthargie, hypersomnie ou insomnie, etc. 6, 12
-
Les causes du syndrome prémenstruel
La compréhension du syndrome prémenstruel n’en est qu’à ses débuts mais différents facteurs neurobiologiques et psychobiologiques peuvent être reliés.
Les hormones fluctuent au cours du cycle menstruel. La chute d’œstrogène et de progestérone avant la période des règles peut expliquer l’anxiété et l’humeur dépressive (impact de la chute d’œstrogène sur la synthèse cérébrale de sérotonine). 5
Le métabolisme de la sérotonine a un profil différent selon les phases du cycle menstruel chez une femme souffrant de syndrome prémenstruel et ceci de manière accentuée en cas de trouble dysphorique prémenstruel. La baisse de sérotonine observée durant la phase lutéale pourrait expliquer le penchant pour les aliments sucrés. 2, 3, 5
La mélatonine, hormone du sommeil sécrétée en l’absence de lumière, semble également avoir un rôle dans l’occurrence des symptômes du syndrome prémenstruel. Les personnes souffrant de SPM et particulièrement de TDPM ont profil de sécrétion de mélatonine nocturne différent durant la phase lutéale par rapport à la phase folliculaire menstruelle : durée de sécrétion moins longue, début de sécrétion plus tardif et arrêt plus tôt. Cette différence n’apparaît pas chez les personnes non SPM. On constate également un pic de cortisol différent chez les personnes SPM par rapport aux personnes non SPM. 8, 9, 10
Luminothérapie et syndrome prémenstruel
Les profils irréguliers des hormones précitées (mélatonine, sérotonine, cortisol) suggèrent la présence d’une dérégulation du système circadien – notre horloge biologique – chez les personnes souffrant de SPM. Cette perturbation laisse penser naturellement que la luminothérapie peut participer à l’amélioration des symptômes du syndrome prémenstruel.
Dans les faits, l’efficacité de la luminothérapie dans le SPM a été démontrée scientifiquement à quelques reprises mais demeure controversée.
Les investigations existantes ont principalement visé le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Elles ont dégagé une rémission significative des symptômes dépressifs et physiques après une semaine de luminothérapie déjà. 11
Toutefois, le manque de données et les limitations méthodologiques des études scientifiques existantes rendent l’identification du traitement adéquat difficile et incertain. 4
Les paramètres du traitement de luminothérapie
La luminothérapie est un traitement “chronothérapeutique” dont l’efficacité dépend grandement du moment où la séance est effectuée. Or, dans le cas du SPM, le profil hormonal varie en fonction de la phase du cycle menstruel, de la sévérité de l’atteinte et d’une personne à l’autre et une compréhension de l’action précise de la lumière sur chaque paramètre est aujourd’hui encore limitée. Quelques lignes directrices peuvent tout de même être dégagées :
Phase lutéale : la luminothérapie s’effectue durant une à deux semaines durant la phase lutéale précédent les règles.
Timing : l’heure de la séance de luminothérapie est quelque peu différente de son utilisation habituelle dans les troubles circadiens connus tels que la dépression saisonnière. Du fait d’une suspicion d’une avance des rythmes dans la phase lutéale chez les femmes souffrant de SPM, on recommande d’effectuer des séances le soir (afin de retarder les rythmes). Toutefois, une efficacité a également été démontrée avec des séances effectuées le matin. 9, 10, 11
Durée : la durée d’exposition varie en fonction de la puissance de la lampe. Une exposition équivalente à 10’000 lux durant 30 minutes (=traitement médical classique) a démontré une amélioration des symptômes dépressifs et tensions prémenstruelles 9. D’autres études ont utilisé des intensités réduites (>2500 lux) durant plus longtemps. 9, 10
Nos recommandations
La luminothérapie peut être une bonne alternative lorsque les traitements habituels du syndrome prémenstruel sont inefficaces ou insuffisants. 11
Il est conseillé de débuter la luminothérapie avant où dès l’apparition des premières douleurs prémenstruelles durant la phase lutéale et d’effectuer les séances chaque jour durant une à deux semaines.
Le soir : en l’absence de trouble de l’endormissement, on peut commencer les séances de luminothérapie médicale de 10’000 lux durant 30 minutes le soir (entre 18h et 21h). Si la personne rencontre des difficultés à trouver le sommeil au fil des jours, il faut alors déplacer la séance de 30 minutes le matin au réveil ou effectuer la séance en deux fois (15 minutes matin et soir)
Le matin : Si habituellement la personne se plaint d’hypersomnie, de difficulté à se réveiller ou d’un caractère saisonnier dans l’apparition des symptômes, la luminothérapie le matin peut davantage lui convenir.
Le choix de la lampe
Plus les symptômes sont sévères, plus le recours à des lampes puissantes de luminothérapie médicale peut être recommandé (5’000-10’000 lux).
Une lampe de luminothérapie de bien-être pourra apporter autant d’effet qu’un modèle médical mais nécessitera souvent une exposition plus longue (60-90 minutes avec une lampe à 2’500-5’000 lux).
Pour tester l’efficacité de la luminothérapie, une bonne solution est de louer une lampe dans un premier temps. Pour accéder aux points de location, cliquer ici…
N’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignement ou une aide personnalisée.
Références
1. Barron, M.L. (2007). Light exposure, melatonin secretion, and menstrual cycle parameters : An integrative review. Biological Research for Nursing, 9, 49-69.
2. Bianchi-Demicheli, Lüdicke, F. and Campana, A. (2003). Trouble dysphorique prémenstruel : approche et traitement. Gynécologie Obstétrique et Fertilité, 31(1), 49-54.
3. Inoue, Y., Terao, T. Iwata, N., Okamoto, K., Kojima, H., Yoshimura, R. and Nakamura, J. (2007). Fluctuating serotoninergic function in premenstrual dysphoric disorder and premenstrual syndrome : Findings from neuroendocrine challenge tests. Psychopharmacology, 190 (2), 213-219.
4. Krasnik, C. Montori, V.M., Guyatt, G.H., Heels-Ansdell D., Busse, J.W. (2005). The effect of bright light therapy on depression associated with premenstrual dysphoric disorder. American Journal Obstet Gynecology, 3, 658-661.
5. Martin-du-Pan, R.C., (2010). Syndrome prémenstruel, envie de sucre et sérotonine. Revue Médicale Suisse N°258 (Abécédaire), p. 1517.
6. Nowakowsky, S., Haynes, P. and Parry, B.L. (2007). Premenstrual dysphoric disorder. Encyclopedia of Stress (Second Edition), 173-179.
7. Lam, R.W., Carter, D., Misri S., Kuan, A.J., Yatham, L.N., Zis, A.P. (1999). A controlled study of light therapy in women with late luteal phase dysphoric disorder. Psychiatry Research, 86 (3), 185-192.
8. Parry, B. L. and Newton, R.P. (2001). Chronobiological basis of female specific mood disorders. Neuropsychopharmacology, 25, 102-108.
9. Parry, B.L., Mostofi, N. Klauber, M.R. and Resnik, A. (1997). Plasma melatonin circadian rythms during the menstrual cycle and after light therapy in premenstrual dysphoric disorder and normal control subjects. Journal of Biological Rhythms, 12, 47-64.
10. Parry, B.L., Mahan, A.M., Mostofi, N. Klauber, M.R., Lew, G.S. and Gillin, J.C. (1993). Light therapy of luteal phase dysphoric disorder : an extended study. The American Journal of Psychiatry, 150(9), 1417-1419.
11. Wirz-Justice, A., Benedetti, F., Terman, M. (2009) Range of chronotherapeutics indications, p. 59 In Chronotherapeutics for affective disorders : A clinician’s manual for light and wake therapy, Editions Krager : Basel, pp. 118.
12. http://www.psychomedia.qc.ca/cycle-menstruel/qu-est-ce-que-le-syndrome-premenstruel-spm




